Con el corazón en la mano (bloc msscc)

 

 

 

20 abril 2007

 

 

 

REFLEXIONES SOBRE LAS VÍCTIMAS

La herencia de nuestros mártires

 

 

 

 

 

 

La Delegación de África consta de una treintena de Misioneros de los Sagrados Corazones, divididos en dos Zonas : Rwanda y Camerún. Presentamos en francés, la lengua oficial de la Delegación, el acta de la sesión de formación permanente de la Zona de Rwanda, que tuvo lugar en Mbare el pasado febrero. El P. Pierre Nolasque Mbyaliyehe (Pétero) dirigió una investigación sobre el significado bíblico y espiritual del martirio y el P. Jean Bosco Nsengimana sobre  su significado teológico : ¿No son mártires los justos perseguidos por ser justos ? ¿No entran los que dan la vida por los valores del Reino ? « Es un aspecto de la guerra secular (la lucha contra la Serpiente) que confronta a Satán y las fuerzas del mal con Dios y sus servidores » (Raymond Deville). ¿Abdica esta concepción de nuestra responsabilidad histórica ? ¿O es aquí, en la paradójica unión entre entregar libremente la vida que es arrebatada violentamente, el perdón de los enemigos y un amor que es más fuerte que la muerte, donde los mártires se convierten en un sacramento de salvación? Entre todos procuraron expresar en unas pautas de conducta cuál es la herencia de nuestros mártires para vivir en África, el continente martirizado por antonomasia.

 

 

 

 

En date du 22 au 26 février 2007, sept membres de la Délégation d’Afrique, la Zone du Rwanda, -PP. Damián, Jaume, Jean Bosco, Jean Damascène, Laurent et Petero ; D. Epaphrodite-, se sont réunis à Mbare, le diocèse de Kabgayi, pour une formation permanente ayant pour thème l’héritage de nos martyrs. Dans les lignes suivantes nous synthétisons quelques résolutions inspirées par ladite formation.

 

Le premier jour, après avoir élaboré le chronogramme, nous avons commencé par une lecture partagée d’un article sur « martyr ». Il était tiré du Vocabulaire de théologie biblique[1]. D’emblée nous nous sommes convenus que le concept « martyre » renvoie à un témoignage au sens large. Par ailleurs, pour approfondir la réflexion, nous avons lu chacun personnellement un autre article tiré du dictionnaire de spiritualité sur le même thème[2]. De cette article, nous avons noté qu’un réductionnisme s’est effectué au cours des siècles de façons que dès le II-III siècle, on appelle martyr uniquement une personne qui a rendu témoignage au Christ et à sa doctrine par le sacrifice de sa vie, c’est donc le témoignage de sang qu’on désigne comme martyre. Nous remercions sincèrement le Père Pierre Nolasque Mbyaliyehe qui nous a préparé ce matériel.

 

Le deuxième jour, nous l’avons consacré à l’analyse théologique et systématique du concept martyre. En suivant un ordre ; point par point, nous avons considéré d'abord, le concept du martyre au sens théologique. Ensuite nous avons tenté de démontrer que Jésus de Nazareth est un martyr par excellence. Puis nous avons établi une distinction fondamentale entre les martyrs des croyances (fondamentalisme et idéologie) et les martyrs qui suivent la grande tradition inaugurée par Jésus. Finalement, nous avons essayé de comprendre ce concept en l’élargissant à tous ces martyrs du Royaume de Dieu. C'est-à-dire, démontrer que tous ceux et toutes celles qui, sans avoir la foi chrétienne catholique clairement explicite, appartiennent, eux aussi, à la même cause du Christ, quand ils assument comme lui l’éthique du Royaume. C’est pour quoi, nous avons donc tenté de démontrer que, ayant sacrifié leur vie pour les valeurs qui concrétisent l'utopie du Royaume, comme la vérité, la justice, l'amour de Dieu, l’amour du prochain, la solidarité..., toutes ces personnes sont des martyrs au vrai sens de ce concept.

 

La problématique que nous avons, au préalable, affrontée dans cette partie de la formation, est celle de la souffrance et la persécution endurées par les justes parce qu’ils sont tout simplement justes. Autrement dit : comme comprendre les menaces séculaires que les enfants des ténèbres  exercent en vers les enfants de la lumière? Au fond, sur ce problème, nous avons conclu, avec Raymond Deville, qu’il « n’est qu’un aspect de la guerre séculaire qui oppose Satan et les puissances du mal à Dieu et à ses serviteurs, et qui se résoudra par l’écrasement du serpent »[3].

 

Cependant, dans l’époque qui exalte le terrorisme, la violence et la toute-puissance comme la notre, une telle conception peut être qualifiée comme illusoire. Elle peut être comprise comme une résignation propre aux faibles, aux vaincus et aux irresponsables qui, incapables de s’organiser pour se défendre et pour opérer une révolution, se résignent et abdiquent de leur responsabilité historique, laissant à Dieu le droit de vengeance.

 

Pour les chrétiens, cependant, cette dernière conception serait aberrante et insupportable. Car la persécution pour Dieu et pour son Royaume provoque la joie et l’espérance et celle-ci ne déçoit pas[4]. Le martyre n’est pas donc un refus de responsabilité. Bien au contraire, dans cette époque, les martyrs, à l’instar de Jésus de Nazareth et à la suite de son comportement éthique, sont des piliers d’une pérennisation de la tradition prophétique et surtout christologique. Le martyre subit pour le Royaume est donc une conséquences théologiques et anthropologiques, dans la mesure où la vertu de la justice se compénètre avec celle du pardon et de la réconciliation. C’est ainsi qu’en définitif, le martyr acquière, en tant qu’une immolation pour une cause supérieure à savoir l’amour et la fidélité à Dieu, le sens sacramentel. Merci au Père Jean Bosco Nsengimana qui nous a préparé partagé cette réflexion.

 

Après ces deux interventions, nous avons regardé deux PowerPoint. L’un est élaboré par Josep Amengual i Batle et l’autre est réalisé par Jaume Reynes. Après l’intériorisation de l’héritage que nos martyrs nous ont légués voici quelques résolutions et souhaits qui essayent de répondre à cette double question  que nous nous sommes posée : qu’est-ce que nous voulons et qu’est ce que nous pouvons ?

 

C’est le 25 janvier 2007, que nous avons tenté de répondre à cette préoccupation commune. Ainsi, avons-nous projeté « un-comment-vivre » l’inspiration des martyrs del Coll dans la société rwandaise et en communauté. En fin, nous nous sommes rendus compte, qu’il est temps de faire connaître nos martyrs dans l’Eglise locale. Voici des résolutions prises pour l’avenir  sur ces points:

1.      Revenir à « l’amour premier » : Récupérer les raisons ou « le-pour-quoi » de notre vocation en ravivant notre identité charismatique et en renouvelant notre sens d’appartenance. Adopter un style de vie fidèle, qui donne témoignage et qui attire. Vivre ce style de vie chacun selon sa conviction intérieure mais en l’assumant comme communauté. Cela nous demande de renaître pour devenir réellement des « oasis de vertu » telle que nous le recommande le Père Fondateur.

2.      Revenir à la fraternité et à la solidarité. Sur ce point, quelques uns ont demandé pardon et ont pardonné.  

3.      Rester fermes dans nos options : Résister ensemble devant le mal qui est d’abord dans chacun de nous et barrer la route ensemble aux tentations qui viennent de l’extérieures. Toutefois, il faut accepter la « précarité et la fragilité » de notre existence, surtout dans notre contexte actuel au Rwanda.

4.      Eviter les provocations inutiles mais être disposés à donner la vie au nom du Dieu de Jésus Christ et pour l’avènement de son Royaume quand il le faut.


 

[1] Charles Augrain, « Martyr » in Vocabulaire de Théologie Biblique (VTB), Paris, Edition du Cerf, 1981, col. 723-724.

[2] S. Spinsanti, « Martyre », in Dictionnaire de la vie spirituelle, Paris, Cerf, 1987, pp. 651-661.

[3] Raymond Deville, « Persécution » in Vocabulaire de Théologie Biblique (VTB), Paris, Edition du Cerf, 1981, col. 976.

[4] Rom. 5, 3ss.

 

 

Jean Bosco Nsengimana, M.SS.CC., Secrétaire